La crise économique n’épargne pas Vernon

La crise économique n’épargne pas Vernon
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Hélas, comme l’on pouvait s’y attendre, la crise économique actuelle n’épargne pas l’agglomération vernonnaise. Les derniers chiffres pointent une hausse non négligeable du nombre de demandeurs d’emplois : 4 736 en novembre 2008, soit 10% de plus qu’il y a un an. Vernon connaît une dégradation de son marché de l’emploi alors que son taux de chômage était déjà supérieur à la moyenne nationale. Et la forte implantation industrielle, spécificité économique de cette zone ne constitue pas une protection pour affronter au mieux la crise…

Logiquement, le secteur tertiaire représente la majeure partie des emplois de la zone (64%, source INSEE). Principalement constitués de commerces, services publics, métiers liés à la santé, à l’action sociale et aux services à la personne, ces activités sont celles que l’on retrouve habituellement dans les villes de taille et de situation géographique similaires. De manière générale, ces emplois sont pour beaucoup peu fragilisés par les conséquences de la crise (protection publique et activités peu cycliques). De la même manière, le secteur primaire, qui ne représente que 2% de l’économie et couvre 57% du territoire souffrira relativement peu des effets de la récession.

Au contraire, les activités industrielles sont plus sensibles à un retournement de cycle économique. Vernon est un des bassins industriels les plus développés de la région Haute-Normandie (28% des emplois de la zone en 2006 selon l’INSEE). De nombreuses entreprises aux activités diversifiées sont d’importants pourvoyeurs d’emplois plutôt qualifiés. Fort heureusement, certaines évoluent dans des secteurs pour l’instant peu affectés par la crise : Snecma (aérospatial), Syngenta Production (Parachimie). Mais pour d’autres, comme notamment celles qui évoluent dans le secteur automobile, l’impact de la récession actuelle est brutal. Ainsi, un certain nombre de vernonnais qui travaillent sur les sites de Poissy (PSA) et Flins (Renault) doivent faire face depuis la fin de l’année 2008 à la baisse, voire l’arrêt des chaînes de production.
Parallèlement, de nombreux sous-traitants installés dans l’Eure (entreprises de transformation ou de plasturgie) ont vu leurs commandes chuter brutalement. Holophane aux Andelys, Sealynx Automotiv à Charleval ou Federal Mogul à La Garenne sur Eure sont des exemples parmi d’autres de sociétés qui traversent une période délicate.
Concrètement, cela se traduit par des situations toujours difficiles pour les salariés : épuisement des R.T.T et des congés, non renouvellement des contrats intérimaires, chômage partiel.

Cette analyse ne saurait être exhaustive si elle ne prenait pas en compte tous les déplacements d’actifs vers d’autres zones d’emploi limitrophes de notre région. En effet, un certain nombre de vernonnais partent travailler à Rouen et surtout à Paris. Dans ce dernier cas, le secteur des services prime (banques, assurances, grande distribution…). Sans chiffres précis, il est difficile d’effectuer une analyse pertinente de la situation. Ces emplois semblent tout de même fragilisés puisque les secteurs cités sont très dépendants de la conjoncture économique. Néanmoins, cette proximité de la région parisienne, principal bassin d’emploi en France, peut encore constituer une porte de sortie pour des salariés de notre région ayant récemment perdu leur travail.

Comme nous venons de le voir, ce sont donc les emplois industriels qui semblent les plus fragiles face à la crise. Dans ce contexte, la maxime « Gouverner c’est prévoir » est plus que jamais d’actualité : nos responsables politiques locaux doivent se préparer à d’hypothétiques mauvaises nouvelles. Si jamais un cas similaire à celui de Glaxosmithkline devait se produire dans la région de Vernon, nos dirigeants politiques locaux se doivent d’exercer la même influence que celle réalisée par Bruno Le Maire à Evreux pour exiger un plan social adapté avec des contreparties en matière de reclassement et de formation des salariés, pour assurer la meilleure gestion de ces situations toujours dramatiques. Evidemment, il faut faire la part des choses entre les grands groupes qui ont les moyens de financer ce type de mesures et les PME, qui souffrent déjà de la crise pour beaucoup d’entre elles. La gestion doit ainsi se faire au cas par cas, selon le contexte de la situation.

Au-delà du traitement social d’urgence nécessaire face à cette récession, il faut aussi se projeter dans l’avenir pour tirer profit de l’après crise. Nous ignorons combien de temps durera cette récession, mais nous savons qu’à moyen terme, la croissance repartira. Malgré toutes ces difficultés actuelles qui justifient pleinement un traitement d’urgence, il ne faut pas oublier les faiblesses structurelles de la France en matière d’accès à l’emploi. L’OCDE pointe depuis longtemps les rigidités françaises qui, certes, protègent les salariés, mais handicapent l’accès à l’emploi, notamment pour les jeunes et les seniors. Cette absence de flexibilité nous empêchera de faire baisser significativement le chômage lors de la reprise économique. Car, si la crise a montré les limites du modèle anglo-saxons, elle ne doit pas pour autant masquer temporairement nos faiblesses : le temps viendra où la réforme paiera.

Emmanuel GOUDEAU



Très bon résumé de la

Très bon résumé de la situation. Continuez comme ça Générations Vernon!

Elle ouvrira d'ici 5 ans à la

Elle ouvrira d'ici 5 ans à la veille des élections... M. Nguyen Tanh semble avoir des difficultés a appliquer son programme..; j'oubliais il n'en a jamais eu. Une promesse de plus... Et puis quel intérêt de créer une maison de l'emploi alors qu'on a un Pole Emploi à vernon ? Je vois mal ce que cette maison apportera de plus... si ce n'est du vent et une AUGMENTATION DE NOS IMPOTS !

Well said.

Well said.

Et qu'est ce que fait

Et qu'est ce que fait l'équipe municipale pour mieux protéger les vernonnais contre les effets de cette crise? J'ai l'impression que l'attentisme règne...

Totalement d'accord...au

Totalement d'accord...au fait, elle en est où cette fameuse maison de l'emploi que PNGT devait créer à Vernon ?
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