Changement de statut de la Poste : une consultation bien hypocrite…

Changement de statut de la Poste : une consultation bien hypocrite…
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« Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d’accord avec ce projet ? ». Cette question posée lors de la « votation citoyenne » organisée par divers mouvements politiques et syndicaux de gauche n'avait qu'un seul et unique objectif : montrer au gouvernement qu’un grand nombre de Français sont contre le projet de loi de la majorité qui vise à changer le statut de La Poste en société anonyme. Malheureusement pour eux, la forte majorité de réponses négatives renforce au contraire cette réforme. En effet, celle-ci vise à renforcer financièrement La Poste avec des fonds 100% publics (2,7 milliards d’euros) pour lui permettre d’assurer correctement ses missions de services publics dans les années à venir.

Les opposants au projet omettent de préciser quelle est la situation actuelle de La Poste. Cet établissement public doit surmonter aujourd’hui deux défis majeurs :

Premièrement, l’essor d’internet et notamment du courrier électronique entraîne depuis quelques années une diminution des volumes de courrier papier. Pour pallier la baisse de son activité principale, La Poste doit donc trouver de nouveaux relais de croissance, comme par exemple, dans les secteurs de l'express, le colis et les services bancaires. Pour cela, elle doit investir de l’argent qu’elle n’a pas aujourd’hui.

Deuxièmement, la structure juridique de La Poste ne lui permet pas d’offrir aujourd’hui ce financement. En effet, La Poste est actuellement un établissement public, c’est-à-dire qu’elle n’a pas de capital social (pas d’actions). Selon les réglementations européennes, si l’Etat désire investir dans une entreprise publique soumise à la concurrence, il ne peut le faire qu’en souscrivant à des actions.
Aujourd’hui, cette opération n’est précisément pas possible puisque La Poste ne possède pas d’actions. Parallèlement, La Poste est endettée à hauteur de 5,7 milliards d’euros, soit un niveau considérable par rapport à sa structure financière.

Cet établissement public est donc aujourd’hui dans une impasse pour trouver des financements : d’une part, elle n’a pas la structure juridique adéquate pour recevoir des capitaux publics ; d’autre part, compte tenu de sa dette colossale, elle ne peut pas faire appel aux banques. La question posée lors de la « votation citoyenne » organisée il y a quelques semaines se révèle donc hypocrite et hors sujet. Non seulement le projet de transformation du statut juridique de La Poste en société anonyme ne signifie pas la privatiser, mais en plus, il lui assure des financements publics à hauteur de 2,7 milliards d’euros.



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Un article très intéressant

Un article très intéressant qui nous montre les réels enjeux de cette réforme. Continuez comme cela
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